Axe 3 : Géopolitique, ressources et relations internationales

La scène internationale est marquée par des basculements de puissance, l’érosion des cadres multilatéraux classiques, et l’émergence de nouveaux acteurs — étatiques et non étatiques — qui redessinent les équilibres mondiaux. Cet axe de recherche propose une analyse géopolitique renouvelée, ancrée dans les réalités du Sud global et particulièrement attentive aux dynamiques africaines, souvent marginalisées dans les grilles d’interprétation dominantes. Il vise à comprendre les logiques de puissance, les luttes pour les ressources, les reconfigurations régionales, et les nouvelles formes de conflictualité internationale.

 

1. Nouvelles géopolitiques du pouvoir : BRICS, multipolarité et recomposition globale

 

La domination occidentale de l’ordre international est remise en question par l’émergence de coalitions alternatives, telles que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), auxquelles s’ajoutent de nouveaux entrants aux ambitions régionales affirmées :
• Analyse de la remise en cause de l’hégémonie occidentale et des stratégies de contournement des institutions de Bretton Woods.
• Étude de la montée en puissance des puissances intermédiaires, notamment asiatiques, et leur rôle dans la diplomatie du Sud global.
• Réflexion critique sur l’essoufflement du multilatéralisme classique, incarné par des organisations comme l’ONU, la CEDEAO ou l’Union européenne, perçues comme inadaptées aux dynamiques actuelles.
• Suivi des nouvelles architectures de coopération régionale ou idéologique : OCS, OPEP+, BRI (Belt and Road Initiative), Alliance des États du Sahel (AES), etc.

 

2. Géopolitique des ressources : appropriation, souveraineté et conflictualité

 

Dans un monde toujours plus dépendant des ressources stratégiques, les luttes pour leur contrôle deviennent un enjeu central des rivalités géopolitiques :
• Étude des enjeux liés à l’accès et au contrôle des ressources naturelles (pétrole, gaz, minerais rares, cobalt, lithium, uranium, eau).
• Cartographie des zones de prédation économique et d’accaparement, notamment en Afrique, et analyse des conflits qui en découlent.
• Enquête sur la renégociation des contrats miniers, la souveraineté économique et les effets pervers des « partenariats stratégiques » avec la Chine, la Russie, la Turquie ou les pays du Golfe.
• Réflexion sur les formes de gouvernance extractive, les tensions centre-périphérie et les impacts écologiques des logiques extractivistes.

 

3. Acteurs transnationaux et reconfiguration des souverainetés

 

L’échelle de la géopolitique ne se limite plus aux États. Des acteurs transnationaux — parfois informels, souvent puissants — structurent aujourd’hui les jeux de pouvoir à l’échelle régionale et globale :
• Analyse de l’action des groupes armés transnationaux (jihadistes, cartels, milices transfrontalières) comme agents de déstabilisation ou d’imposition d’un nouvel ordre parallèle.
• Étude de la criminalité organisée, des routes de contrebande, des économies parallèles et de leur articulation avec les pouvoirs officiels.
• Rôle croissant des ONG globales, fondations philanthropiques, mouvements sociaux et réseaux diasporiques dans la diplomatie non-étatique.
• Réflexion sur l’émergence d’une “société civile globale” comme contre-pouvoir aux États-nations et aux multinationales.

 

4. Nouveaux régionalismes et recompositions intra-africaines

 

Face à l’échec relatif de certains projets d’intégration continentale, de nouveaux régionalismes émergent en Afrique, portés par des logiques sécuritaires, identitaires ou économiques :
• Étude des zones d’influence militaire (AES, G5 Sahel, Task Force Takuba, base turque en Somalie, présence russe au Sahel) et de leurs implications politiques.
• Analyse de la fragmentation de l’espace diplomatique africain, entre États arrimés à l’Occident, puissances du Sud global, et trajectoires souverainistes.
• Cartographie des coalitions alternatives : regroupements informels entre États partageant des intérêts communs en dehors des grandes structures panafricaines.
• Réflexion sur les dynamiques de leadership régional : rivalités Nigeria-Afrique du Sud, ambitions du Maroc, retour diplomatique de l’Algérie, etc.

 

🎯 Objectif stratégique de l’axe

 

Cet axe vise à décrypter les logiques contemporaines de puissance, en croisant lectures critiques, décentrées et africanocentrées de la scène internationale. Il cherche à :
• Rompre avec les grilles d’analyse occidentalo-centrées, en produisant des savoirs issus du Sud.
• Éclairer les jeux d’influence qui affectent la souveraineté, les trajectoires de développement et la stabilité des pays africains.
• Proposer des cadres théoriques alternatifs, inspirés des réalités africaines, pour penser autrement les relations internationales, la diplomatie, et la gouvernance globale.
• Renforcer la capacité d’anticipation stratégique des décideurs africains, en leur offrant des outils d’analyse autonomes face aux narratifs dominants.

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